« Si elle mouille, elle prend du plaisir »

Les sécrétions vaginales

Il existe différents types de sécrétions vaginales, chacune ayant un rôle particulier. Par exemple, les glaires cervicales proviennent de l’utérus et préparent l’organisme à l’ovulation ; les pertes blanches protègent et nettoient naturellement le vagin. Les sécrétions des glandes vestibulaires, ou plus communément « cyprine », sont produites pour lubrifier le vagin et faciliter une potentielle pénétration1. Elles peuvent être une réaction psychologique, en cas d’excitation sexuelle, mais également seulement physiologique. Le corps peut en produire de manière automatique en cas de stimulation des zones génitales2. Ainsi, au premier abord, les liquides vaginaux ne sont ni nécessairement de la « mouille », ni nécessairement liées à un désir intentionnel.

Le concept d’orgaste

Le terme « d’orgaste » a été développé par les sexologues pour désigner la réponse réflexe du corps à la suite d’une stimulation des zones érogènes. Dans son livre Cerveau, sexe et amour, Aurore Malet-Karas explique que, lors d’une agression sexuelle, le corps « réagit de manière réflexe à la stimulation génitale, avec des lubrifications vaginales, des érections (de la verge ou du clitoris), voire des contractions réflexes des muscles pelviens, ou des éjaculations »3. Il n’y a donc pas de lien avec la question du plaisir. L’orgaste peut ainsi se produire même lorsque la victime dort. Il n’induit en aucun cas un consentement.

Un sentiment de honte

Cette réaction physiologique ressentie lors d’une agression sexuelle peut engendrer de grandes souffrances chez la victime. Pour l’historienne Regina Mühlhäuser interrogée dans le documentaire Arte Le viol des hommes, une arme de guerre, « C’est extrêmement humiliant, parce qu’on se rend compte qu’on perd le contrôle de son corps. Cela génère un sentiment de honte très profond, car dans nos sociétés, l’excitation corporelle est forcement associée à l’expression d’un désir. On sous-entend que les victimes sont responsables du comportement du violeur. Ce sous-entendu, les survivant.e.s finissent par l’intérioriser »4.


  1. « Glande vestibulaire principale », Dictionnaire de l’Académie de médecine, 2020, URL : https://www.academie-medecine.fr/le-dictionnaire/index.php?q=glande+vestibulaire+principale (consulté le 21/09/2026). ↩︎
  2. Eve Lepage, « Qu’est-ce que les sécrétions vaginales et comment évoluent-elles au fil du cycle ? », Clue, 2017, URL : https://helloclue.com/fr/articles/votre-vagin/quels-sont-les-differents-types-de-pertes-vaginales (consulté le 21/09/2026). ↩︎
  3. Aurore Malet-Karas, Cerveau, sexe et amour, Paris, 2024. ↩︎
  4. Susanne Brahms et Mitya Churikov, « Le viol des hommes, une arme de guerre », Arte, 2025, URL : https://www.arte.tv/fr/videos/117238-000-A/le-viol-des-hommes-une-arme-de-guerre/ (consulté le 21/09/2026). ↩︎


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