« Vous faites quoi pour les Afghanes ? »

Des associations luttent

Il existe de nombreuses associations qui se battent pour les droits des Afghanes depuis la France. Citons par exemple Afghanistan libre, créée par Chékéba Hachemi, qui « œuvre à la résilience des communautés et de leurs membres, afin que les droits et l’autonomisation des femmes et des filles soient préservés »1, Negar soutien aux femmes d’Afghanistan qui agit pour la défense des droits fondamentaux, fondée par Shoukria Haidar, ou encore Amitié Mères Afghanes qui aide les femmes et les enfants en Afghanistan à travers un programme médical mobile, mise en place par Françoise Barthélémy.

Détourner l’attention

Mais soyons claires, quand un tonton sexiste lance cette phrase, ce n’est pas réellement parce qu’il s’intéresse au sort de ces femmes. Non, c’est pour détourner l’attention. Comme l’explique Rose Lamy dans son livre En bons pères de famille2, ces hommes, avec ces paroles, considèrent que le droit des femmes de leur entourage à vouloir du respect et de la sécurité est un « sujet “moins important” que le sort de femmes d’autres pays ». Ces tontons sexistes s’indignent facilement pour des causes féministes ailleurs dans le monde, mais refusent de voir les violences qui ont lieu sous leur nez.

Une instrumentalisation par les fémonationalistes

D’autant que cet argument est utilisé par les fémonationalistes pour combattre l’organisation féministe en France.

Les fémonationalistes, ce sont ceux et celles qui utilisent les idées féministes pour servir « les partis nationalistes et les gouvernements néo-libéraux », selon la sociologue Sara R. Farris3.

Les idées féministes sont ainsi instrumentalisées pour combattre l’organisation féministes en France. Par exemple, dès que se déclarent des répressions misogynes dans un pays musulman, « les féministes françaises sont sommées de ne plus s’occuper que de ce problème, sous peine d’être soupçonnées de collaborer avec les étrangers contre les hommes blancs, au sein d’une conspiration “islamo-gauchiste” », explique Rose Lamy dans En bons pères de famille.

Le syndrome du « sauveur blanc »

L’expression « sauveur blanc » de l’anglais « white savior » est une critique des personnes blanches qui seraient des libératrices et des sauveuses pour les non-blancs. Cette représentation prive les individus racisés des pays économiquement sous-développés de leur autonomie. Les blancs auraient donc la capacité de sauver les pays du sud global. Tout comme les féministes blanches auraient pour mission d’apporter les droits des femmes dans les autres pays. Comme l’illustre la journaliste Diamond Yao qui rapporte les propos de la sociologue Amina Jamal4 : « Les interventions étrangères n’ont pas réellement pour but de libérer les femmes afghanes, mais plutôt d’en faire des clones de femmes occidentales. Et nous savons que ça ne fonctionne pas ».


  1. Joséphine de Rubercy, Voilà cinq moyens d’aider concrètement les femmes afghanes depuis la France, Radio France, 2021, URL : https://www.radiofrance.fr/franceinter/voila-cinq-moyens-d-aider-concretement-les-femmes-afghanes-depuis-la-france-9055862 ↩︎
  2. Rose Lamy, En bons pères de famille, Paris, JC Lattès, 2023. ↩︎
  3. Le Renard, S.-A. et Marteu, É. (2014). Introduction. Sociétés contemporaines, 94(2), 5-18. https://doi.org/10.3917/soco.094.0005. ↩︎
  4. Diamond Yao, Sauver les femmes afghanes : une instrumentalisation occidentale, The converse, 2021, URL : https://www.laconverse.com/articles/sauver-les-femmes-afghanes-une-instrumentalisation-occidentale ↩︎

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