« On ne peut plus rien dire »

On n’a jamais pu tout dire

Selon Public Sénat1, depuis 1789 et la mise en place de la liberté d’expression, on n’a jamais pu tout dire. En effet, cette règle connaît des limites notamment dans le contenu de ce qui est exprimé. Depuis 1881, l’injure, la diffamation, la provocation aux crimes et délits et l’outrage sont sanctionnés.

Contredire n’est pas censurer

Pour ceux qui disent « on ne peut plus rien dire », la liberté d’expression est gravement mise en danger par les « wokes » qui « censurent les discours ». Mais pour Thomas Hochmann dans son livre « On ne peut plus rien dire »2, « le mensonge et la haine n’ont rien à voir avec la liberté d’expression ». Pour lui, dire « on ne peut plus rien dire » signifie que l’on ne peut plus rien dire sans être contredit. Or la contradiction n’est pas corrélée à une quelconque interdiction ou censure.
La « censure » est couramment employée par les détracteurs mêmes de cette fameuse liberté d’expression, les dominants, pour se positionner en tant que victime. Comme le précise Thomas Hochmann, « s’en prendre à la « culture woke », affirmer qu’« on ne peut plus rien dire », c’est retourner l’accusation d’intolérance afin de pouvoir diffuser son poison en paix ».

Une plus grande place des discours des victimes

Comme l’explique Caroline De Haas dans son livre En finir avec les violences sexistes et sexuelles3, ce n’est pas tant que l’on ne peut plus rien dire, mais plutôt que les victimes de discrimination ou de violences occupent davantage le devant de la scène et « font reculer la parole des personnes qui étaient à l’origine de ces discriminations et de ces violences ». Les propos sexistes, racistes, homophobes, antisémites, validistes et infantistes peuvent être désormais contredits en public ; là où auparavant les discours de haine pouvaient s’exposer en toute impunité.

Pour aller plus loin :


  1. Simon Barbarit, « La liberté d’expression : a-t-on le droit de tout dire ? », Public Sénat, 03/11/2020, URL : https://www.publicsenat.fr/actualites/institutions/la-liberte-d-expression-a-t-on-le-droit-de-tout-dire-185370 (consulté le 20/02/2026). ↩︎
  2. Thomas Hochmann, On ne peut plus rien dire, Paris, Anamosa, 2025. ↩︎
  3. Caroline de Haas, En finir avec les violences sexistes et sexuelles, Paris, Robert Laffont, 2021. ↩︎

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